L’école publique sénégalaise : Le parent pauvre de la République !

C’est décidément le moins que l’on puisse dire quand on observe de près les conditions lamentables dans lesquelles se trouve notre école publique depuis plusieurs décennies. En effet, il faut être au paroxysme de l’insouciance pour ne pas remarquer que la manière dont la crise du système éducatif sénégalais est gérée est déplorable. En dépit des multiples  assises et déclarations d’intentions de nos gouvernants successifs, celle-ci persiste. Par ailleurs, les responsabilités sont évidemment partagées entre ceux que j’appelle, d’une part, les acteurs directs, à savoir l’Etat et les enseignants, et d’autre part, les acteurs indirects, en l’occurrence les parents d’élèves et la société civile.

Alors, disons-le tout de suite, le but de cette contribution n’est point d’indiquer la voie salvatrice inévitable à entreprendre pour sortir notre système éducatif de cette impasse dans laquelle il est mis depuis belle lurette. Je n’ai pas également la prétention de m’ériger en un parangon du système éducatif sénégalais. D’éminents experts en éducation et des professeurs de renom en ont déjà fait un diagnostic sans complaisance et ont proposé des solutions probantes à cet effet. Et cela continuera sans nul doute avec d’autres. Seulement, nonobstant tous ces efforts consentis par l’ensemble des parties prenantes, le problème semble statique. Et André GIDE disait : « Tout a été dit, mais comme personne n’écoute, il faut toujours répéter ». Ainsi, je ne m’inscris pas dans une posture tautologique ; mais je veux juste me positionner en un citoyen soucieux du devenir de l’école, surtout publique, qui m’a formé et tant d’autres concitoyens, pour apporter ma modeste participation à la recherche de solutions durables. C’est pourquoi d’ailleurs le lecteur restera sûrement sur sa faim. Car ce n’est qu’un simple étudiant qui donne son point de vue sur une question aussi vaste que fondamentale pour être cernée en un coup. Par conséquent, il serait pour moi, dans les lignes à suivre, question de susciter davantage la réflexion et de donner mon avis sur la manière dont la crise du système éducatif sénégalais devrait être gérée et subséquemment endiguée, au lieu de gaspiller bien évidemment  notre énergie sur des questions de financement ou autres que je juge pour le moment superfétatoires.

En réalité, de la loi d’orientation de l’éducation de juin 1971 modifiée en 1991 jusqu’aux assises de l’éducation de 2014, en passant par les états généraux de l’éducation et de la formation (EGEF) de 1981, la problématique de la stabilité et de l’orientation de notre système éducatif reste toujours d’actualité. Maintenant ce qui est étonnant et non moins sidérant, pour celui qui s’y intéresse, c’est qu’il n’y a pas véritablement de grandes différences dans les contenus de ces documents et rencontres précipités. Ce qui témoigne donc d’un manque de volonté politique notoire des autorités étatiques dans la mise en application des conclusions déjà codifiées. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aujourd’hui, aucun citoyen épris de valeurs patriotiques ne peut hésiter à se désoler de cette situation dramatique que traverse l’école et certains sont allés même jusqu’à décréter la faillite d’un système éducatif qui a montré ses limites. En outre, ce qui est plus regrettable dans cet « embourbement » de l’école, c’est que chaque partie semble campée sur sa position et essaie de vouer aux gémonies son interlocuteur. Ce qui ne facilitera jamais la recherche de consensus fort et consolidant.

En fait, comme je l’ai susmentionné, dans cette crise cyclique du système éducatif, la responsabilité est partagée. Sauf que l’Etat, dans ses rôles régaliens, me semble-t-il, est le responsable de premier rang. Il doit être au-dessus de la mêlée. Pour ce faire, il doit, d’une manière inclusive, donner une orientation claire à l’école et installer un climat de confiance pérenne entre lui et les enseignants. Mais également, il se doit d’éviter de promettre ou de signer des accords qui ne seront pas en réalité respectés. Les accords signés doivent être réalistes et réalisables pour un peu paraphraser l’actuel ministre de l’éducation. Il ne faut pas être dans le dilatoire qui ne fait que souvent créer des tensions et envenimer la situation. Car le principal goulot d’étranglement du système éducatif nait toujours des accords non respectés entre l’Etat et les enseignants. Ce qui est déplorable et mérite à bien des égards une démarche beaucoup plus responsable.

A vrai dire, le sort qui est réservé aux enseignants dans notre cher « SUNUGAL » est vraiment navrant. Ils ne sont pas considérés à leur juste valeur. Ce qui ne devait pas être le cas, vu qu’ils sont les formateurs des futurs dirigeants de ce pays. Ils méritent beaucoup plus de considérations. De ce fait, l’Etat, en tant que garant de la paix et de la stabilité sociale, doit sereinement prêter une oreille attentive aux enseignants pour enfin voir dans quelles conditions raisonnables et réglementaires leurs revendications pourraient être satisfaites.  Et que ces derniers fédèrent leurs forces et harmonisent leurs revendications. Qu’ils fassent plus preuve de retenue et de patriotisme afin de sortir notre école de l’ornière.

Par ailleurs, les parents, par l’intermédiaire des associations des parents d’élèves ainsi que la société civile ne doivent pas être en reste. Ils doivent être impartiaux car ils ont un rôle prépondérant à jouer dans le dénouement heureux de cette crise. Nous sommes à quelques mois des examens, et le système est carrément plombé. Chacun doit prendre ses responsabilités.

En somme, si tous les acteurs, l’Etat en premier, dans une dynamique sincère, s’accordent à œuvrer pour l’intérêt de l’école, et uniquement de l’école, une solution définitive pourrait être trouvée face à ce problème qui n’a que trop duré.

El hadji DIOUF, étudiant en Licence 3 Droit des affaires

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