DECOUVERTE

Monsieur Guène FAYE, Président de la Coordination Régionale de Ziguinchor du Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) est notre invité pour ce premier numéro de la rubrique découverte.

  • Pouvez-vous vous présenter ?
  • Je m’appelle Guène FAYE. Je suis marié à une « ancienne » aeemessiène (du Coumba Ndar Samba Ndare me diriez-vous ?) et père de cinq charmants enfants.
  • Je suis Professeur de l’Enseignement Secondaire de spécialité Histoire Géographie. Actuellement je suis Formateur au CRFPE (Centre Régional de Formation des Personnels de l’Education) de Ziguinchor. J’interviens particulièrement dans la formation initiale et continue des enseignants du moyen et du secondaire.
  • Actuellement dans le RIS, je suis le Responsable de la Commission Education et Renforcement de Capacité de la Section Départementale de Ziguinchor et en même temps Président de la Coordination Régionale de Ziguinchor.

 

  • Parlez-nous de votre parcours militant.
  • Avant même la création de l’AEEMS, j’étais membre fondateur de l’AEMT (Association des Elèves Musulmans de Thiès) que j’ai dirigée durant les quatre dernières années avant la fusion des AEM régionales, de l’AEMUS (Association des Etudiants Musulmans de l’Université de Saint- Louis) et de l’AEMUD (Association des Etudiants Musulmans de l’Université de Dakar) qui va donner naissance à l’AEEMS en 1993 ;
  • Je suis également membre fondateur de l’AEEMS et j’ai, tour à tour, occupé les postes suivants :
  • Président de la commission pédagogique de la Section universitaire de Saint-Louis 1994-1995 ;
  • Président de la commission Mosquée de la Section Universitaire de Saint-Louis 1995-1996 ;
  • Vice-Président de la Section Universitaire de Saint- Louis, 1996-1999 ;
  • Président du GERSA (Groupe d’Etude et de Recherche Stratégique de l’AEEMS) en 2001 ;
  • Vice-Président (2005-2006), puis Président du GP (Groupement des Professionnels) de l’axe sud (Ziguinchor, Sédhiou et Kolda) de 2006 jusqu’à sa suppression en 2012 ;
  • Je suis membre fondateur du RIS et j’ai occupé les postes suivants :
  • Vice-Président de la Section départementale de Ziguinchor du RIS 2009-2016 ;
  • Président de la Commission Education et Renforcement de Capacité de la Section Départementale de Ziguinchor de 2016 à nos jours ;
  • Président de la Coordination Régionale de Ziguinchor de 2016 à nos jours.

 

  • Quel est votre parcours scolaire et professionnel ?
  • Après l’obtention de la Maîtrise en géographie option Environnement à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en 2000, je me suis présenté au concours d’entrée à l’ENS (Ecole Normale Supérieure) actuelle FASTEF (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation) j’ai été reçu et j’ai fait deux ans de formation 2002-2004 sanctionnés par l’obtention d’un CAES (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire) ;
  • 2004-2006 : Professeur d’Histoire-Géographie au lycée de Goudomp dans la région de Sédhiou ;
  • 2006 -2013 Professeur d’Histoire-Géographie au lycée Djignabo de Ziguinchor ;
  • 2007-2012 : Vacataire-Moniteur de Travaux Pratiques au département de Géographie de l’Université Assane Seck de Ziguinchor ;
  • 2013 à nos jours : Formateur au CRFPE de Ziguinchor ;
  • 2014 : titulaire d’un Master en Géographie option Environnement et Développement à l’Université Assane Seck de Ziguinchor ;
  • Depuis 2016 : Doctorant à l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

 

  • Au regard de ce riche parcours que vous venez de décrire, il est claire que le militantisme ne doit pas constituer un obstacle pour exceller dans les études. Au contraire, le militant doit faire des études une priorité car elles complètent son militantisme. A cet effet, quel message lancez-vous à l’endroit des élèves et étudiants qui vous lisent.

Le travail islamique est une obligation pour tout musulman et musulmane conscient de ses devoirs. Le contexte difficile dans lequel évolue la « Ummah » islamique et les exigences de l’islam font que ce travail ne peut être porté que par de hauts cadres aux compétences diverses et avérées. Les candidats qui veulent le porter sont donc obligés de faire des études une des hautes priorités.

Au demeurant travail islamique et l’érection d’un pôle d’excellence constituent deux faces d’une même pièce.

Nous pouvons donc dire que le modèle sociétal préconisé par l’AEEMS est de réussir une bonne articulation travail islamique /études scolaires et ou universitaire. Cette articulation est donc cumulative, c’est-à-dire mener à la fois une vie militante et une vie studieuse (l’une ET l’autre). Elle ne doit donc pas être exclusive ou alternative, c’est à dire faire un choix (l’une OU l’autre).

 

  • Monsieur FAYE, en votre qualité de membre fondateur de l’AEEMS, quelle appréciation faites-vous de l’évolution de cette structure de sa création à nos jours?

Nous sommes d’avis que l’évolution est bonne. Car l’AEEMS est réellement une structure forte, dynamique et toutes les mutations opérées jusqu’ici sont les résultats d’une étude approfondie des contextes, une bonne compréhension des finalités de l’Islam et un partage des résultats avec une approche de « shoura » (consultation) inclusive.

  • Pensez-vous qu’il faut réinventer la roue ?

Réinventer la roue ? Non, je ne trouve pas l’intérêt pour le moment. Nous pouvons toujours chercher à la rendre de plus en plus performante. Encore une fois l’AEEMS a la culture du changement, elle n’en a donc pas peur. Elle doit exiger seulement, comme à l’accoutumé, que toute mutation résulte d’une étude sérieuse.

  • Selon vous, quel est le profil d’un militant exemplaire ?

Un militant exemplaire ? Oh, réponse difficile ! Mais nous prenons le risque de placer quelques éléments de réponses.

  • Un militant exemplaire doit s’efforcer à avoir une bonne compréhension du contexte (temps, environnement) et des finalités de l’Islam en général et de la structure en particulier ;
  • Il doit également s’engager résolument à s’affranchir de l’ignorance de soi, de sa religion et des obstacles qui ralentissent ou freinent son élévation spirituelle ;
  • Le militant doit aussi arpenter le chemin difficile de la daawa en cherchant à appeler avec sagesse, à convaincre, à être généreux et serviable à l’endroit de la communauté et surtout refuser de juger cette dernière ;
  • Il doit également être patient par rapport aux résultats attendus, persévérant (un peu d’efforts toujours et chaque jour un peu plus) et endurant (supporter les réactions souvent blessantes des membres de la communauté) etc.

 

  • Pouvez-vous nous faire part des événements qui vous ont le plus marqués dans votre parcours de militant ?
  • Les stratégies de résistance face aux différentes crises qui ont secoué la structure m’ont beaucoup satisfaites ;
  • Le répertoire de chansons de l’AEEMS est de haute facture ;
  • La ligne doctrinale fait partie des plus grandes réalisations de l’AEEMS ;
  • La naissance du RIS est le résultat d’une vision et d’une grande capacité d’adaptation de la structure ;
  • La séparation avec des frères qui n’ont pas pu réussir à créer ou intégrer des cadres qui auraient pu leur permettre de rester dans le travail islamique me fait mal.

 

  • Quels conseils prodiguez-vous à cette jeune génération de da’i ?
  • La jeune génération doit travailler à s’affranchir de l’ignorance de soi, de sa religion et lutter contre tous les obstacles qui ralentissent ou freinent son élévation spirituelle ;
  • Elle doit chercher à appeler à l’Islam avec hiqma (sagesse), à être généreux et serviable à l’endroit de la communauté universitaire et scolaire aux fins de réussir une présence pertinente dans l’espace universitaire et scolaire ;
  • La jeune génération doit rester actrice de la refondation, symbole du changement et cheville ouvrière du renouveau ;
  • Elle doit donc continuer à affirmer son ancrage dans le RIS et chercher à inspirer le changement pertinent gage d’une bonne transition pour rester dans le champ du travail islamique.
  • Pour terminer en beauté, quel est votre plat préféré ?
  • Ah vous m’obligez à faire un pas dans le domaine de prédilection des Diolas ? Voilà je dirai, par ordre de préférence, mes plats sont : le thièré, le lakh et le éthodieye
  • Monsieur FAYE, La rédaction vous remercie !

La Rédaction

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